Mauvaise mine

Source : Le Monde ouvrier, numéro 89 / Novembre-décembre 2010

Au cours des dernières semaines, 33 mineurs chiliens sont demeurés prisonniers de leur gagne-pain pendant 69 jours, à plus de 700 mètres sous terre. La planète entière a suivi les opérations de sauvetage et le monde s’est ému au moment de voir sortir chacun des rescapés du tunnel de secours de la mine San José. Cette catastrophe était pourtant prévisible.

Bien avant l’accident survenu au mois d’août 2010, les mineurs critiquaient les conditions dans lesquelles ils devaient effectuer leur travail. Ils avaient manifesté leur inquiétude car des craquements inhabituels se faisaient entendre depuis quelques jours, tout au fond de la mine. Leurs craintes sont restées lettre morte, parce que l’important, c’est d’extraire du minerai. Notons que l’industrie minière représente 15 % du produit intérieur brut du Chili.

On ne comptait alors que 15 inspecteurs gouvernementaux affectés à la sécurité des 174 000 mineurs chiliens, malgré une moyenne de 31 décès par année. Grande amélioration : le premier ministre chilien a récemment promis de tripler ce nombre…

Le travail de mineur comporte assurément plusieurs dangers, mais des méthodes et des techniques ont été développées de manière à les réduire, voire à les éliminer. Les travailleurs et les employeurs québécois ont réussi ensemble à identifier les risques et à tout mettre en œuvre pour les éliminer. Suite à leurs efforts des dernières décennies, le nombre de lésions professionnelles répertoriées dans le secteur minier ne cesse de diminuer, preuve que des actions concertées portent habituellement fruit.

Les bonnes pratiques sont connues. Encore faut-il les respecter et s’assurer que la santé et la sécurité des travailleurs sont priorisées plutôt que la recherche de profits à tout prix.

Les probabilités sont très faibles, au Québec, qu’un accident minier de cette ampleur se produise. On ne peut pas en dire autant des mines chinoises où, selon les chiffres officiels, on dénombrait pas moins de 2 600 morts pour l’année 2009.

Les bonnes méthodes d’extraction du minerai sont pourtant accessibles à ces pays; il leur suffit simplement de les mettre en pratique!