Les normes sont des minimums

Source : Le Monde ouvrier, numéro 79 / Novembre-décembre 2008

Les personnes impliquées dans la prévention des lésions professionnelles doivent fréquemment se référer à des normes établies par divers organismes. Les plus utilisées se retrouvent en annexe du Règlement sur la santé et la sécurité du travail. Contrairement à ce que certains nous laissent croire, ces normes ne sont pas gage de sécurité et ne garantissent en rien le maintien de notre intégrité physique. En effet, il est extrêmement rare que les niveaux d’exposition permis soient révisés à la hausse. À chaque révision, nous constatons plutôt une baisse des niveaux autorisés parce que les études faites sur ceux-ci et l’étude de leurs effets sur la santé des personnes exposées, démontrent qu’ils sont plus nocifs que ce qui était connu précédemment. Les intervenants en santé-sécurité du réseau de la santé publique (auxquels malheureusement trop peu de personnes ont accès) utilisent comme seuil d’intervention la moitié de la norme réglementaire. C’est de la vraie prévention. Une approche similaire est le principe de précaution. Par exemple, un contaminant dont la dangerosité est peu ou mal documentée sera utilisé, mais en mettant en place les mesures de sécurité les plus élevées. Au fur et à mesure que les informations sur la toxicité du produit seront connues, les mesures mises en place seront révisées. Mais entre- temps, la santé et l’intégrité physique des utilisateurs auront été maintenues. C’est l’approche préconisée, entre autres, dans les guides d’utilisation des nanoparticules produits par l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST).

Il existe au Québec une Loi sur les normes du travail ainsi qu’une Loi sur le salaire minimum. Dans ces deux cas, les travailleurs et les travailleuses qui ont choisi de se regrouper en syndicat sont parvenus à négocier des conditions de travail bien supérieures à celle prévues par ces normes. Pourquoi en est-il autrement pour ce qui a trait à notre santé et à notre sécurité? Ne s’agit-il pas de nos conditions de travail?