Les moyens et équipements de protection individuels sont des indicateurs de DANGER

Source : Le Monde ouvrier, numéro 78 / Septembre-octobre 2008>

Les moyens et équipements de protection individuels sont parfois nécessaires pour répondre à un danger ponctuel et temporaire. Dans cette optique, on ne peut qu’applaudir lorsque l’on constate les améliorations apportées à ces équipements pour les rendre plus efficaces et confortables.

Nous constatons toutefois que ces équipements sont trop souvent des mesures permanentes qui, dans l’esprit de certains, règlent le problème pour de bon. Ce n’est pourtant pas ce que prescrit la loi!

Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST), article 3 :
« La mise à la disposition des travailleurs de moyens et d’équipements de protection individuels ou collectifs, lorsque cela s’avère nécessaire pour répondre à leurs besoins particuliers, ne doit diminuer en rien les efforts requis pour éliminer à la source même les dangers pour leur santé, leur sécurité et leur intégrité physique. »

En prévention, on parle fréquemment du « triangle du feu » et du fait que l’élimination de l’une des trois composantes du triangle (combustible, carburant, chaleur) élimine le risque. C’est de l’élimination « à la source ». La présence d’un extincteur, de gicleurs, de respirateurs ou autres moyens et équipements de protection individuels n’élimine pas les dangers, ce sont plutôt des indicateurs qu’un danger est présent et des outils à utiliser de façon ponctuelle si un incendie survient.

Voyez-vous une logique à faire fonctionner un gicleur en permanence plutôt que d’éliminer un risque d’incendie? C’est pourtant le cas si l’on utilise les moyens et équipements de protection individuels comme solution permanente. Pour respecter l’objet de la loi, on doit intervenir à la source. Si depuis 25 ans les entreprises s’étaient donné des politiques d’achat responsable et qu’elles avaient adopté le principe d’élimination à la source, nos milieux seraient aujourd’hui transformés.

Malheureusement, plusieurs ont préféré se boucher le nez avec un respirateur, les yeux avec des lunettes et les oreilles avec des bouchons ou des coquilles en croyant régler le problème.