La boule de cristal

Source : Le Monde ouvrier, numéro 84 / Novembre-décembre 2009

Qui n’a pas rêvé un jour de posséder une boule de cristal pour connaître l’avenir? Dans le dossier de la santé et de la sécurité du travail, nous avons cette chance. En effet, ce sont souvent les milieux scientifiques ou médicaux qui nous ont permis d’entrevoir les milieux de travail du futur, d’en connaître les conditions d’exercice et de prévoir de quoi souffriront les personnes en emploi. L’image est parfois brouillée, mais nous pouvons tout même avoir une bonne idée de ce qui nous guette. À preuve, c’est au début des années 1980 que la FTQ a commencé à se préoccuper des problèmes de santé mentale liés à l’organisation du travail après que la communauté universitaire québécoise ait mis cette problématique sur la sellette.

Aujourd’hui, les personnes qui assurent cette vigie nous préviennent que, tout comme ceux liés à l’environnement et à l’alimentation, les cancers causés par le travail occuperont une place de plus en plus importante. Qu’ils soient dus à la présence de contaminants chimiques ou de radiations, aux effets métaboliques des horaires atypiques ou à l’utilisation de nanoparticules, les résultats sont les mêmes; des individus seront malades et d’autres décéderont à cause de leur travail. Il est plus que temps d’agir et de prévenir l’apparition de ces cancers.

Le nombre d’organismes dédiés à la recherche en SST est impressionnant et pour connaître l’objet des études qu’ils ont réalisées et ainsi savoir lesquelles s’appliquent à notre milieu de travail, on peut aisément consulter leurs sites Internet.

Trop de corporations aveuglées par les profits à court terme ne se préoccupent pas de voir venir cette situation pourtant inexorable. Ces employeurs préfèrent gérer les lésions professionnelles à court terme plutôt que de participer à l’identification et à l’élimination à la source des dangers associés à la présence des causes de cancer.

Tout être humain ne devrait-il pas faire en sorte que nous puissions enfin cesser de perdre notre vie en voulant la gagner?