Joyeux anniversaires? Pas sûr....

Source : Le Monde ouvrier, numéro 80 / Janvier-février 2009

2009 sera marquée par deux anniversaires liés au dossier santé et sécurité du travail. C’est en décembre 1979 qu’a été adoptée la Loi sur la santé et la sécurité du travail. Cette loi, qui a donné le jour à la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), prévoyait la mise en place de mécanismes de prévention dans les milieux de travail québécois. Trente ans après son adoption par l’Assemblée nationale, cette loi primordiale ne trouve son application complète que pour environ 10 % des travailleurs et des travailleuses. À cause d’un manque de volonté politique, la majorité des personnes en emploi se voient nier le droit, pourtant prévu à la loi, d’avoir un comité de santé et de sécurité du travail, un représentant à la prévention, ainsi qu’un programme de prévention dans leur milieu de travail. Par ailleurs, dans tous les milieux de travail où ces outils ont été implantés, le nombre de lésions professionnelles a diminué radicalement.

De nombreuses études, financées par l’institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), ont démontré que l’implication des travailleurs et des travailleuses dans l’atteinte des objectifs de la loi (l’élimination à la source des dangers) est essentielle à la réalisation de l’objet de la loi et gage de succès.

Trente ans plus tard, ce laisser-aller se traduit par le décès, au Québec seulement, de près de 200 personnes bon an mal an.

Ce qui nous amène au deuxième anniversaire de 2009.
Le 28 avril 2009 marquera le 25e anniversaire des célébrations du Jour de deuil à la mémoire des personnes décédées des conséquences du travail. Cette initiative canadienne est maintenant soulignée dans plus de 100 pays partout dans le monde. C’est une façon de dire au revoir à nos collègues parents et amis et de dénoncer les conditions dans lesquelles nous devons trop souvent exercer nos emplois.

À la FTQ, nous soulignerons ces deux tristes anniversaires en continuant de revendiquer le droit pour les travailleurs et les travailleuses du Québec à des conditions de travail qui respectent leur santé, leur sécurité et leur vie.