Jeunes ou travail à risque?

Source : Le Monde ouvrier, numéro 83 / Septembre-octobre 2009

Les statistiques démontrent de façon claire que les jeunes en emploi sont victimes de beaucoup plus de lésions professionnelles que leurs aînés. À titre d’exemple, deux jeunes par semaine perdent un membre et un jeune meurt au travail chaque mois. Les enquêtes d’accident effectuées par la CSST démontrent que les jeunes sont trop souvent laissés à eux-mêmes lors de leur embauche. L’absence de formation et d’encadrement, de connaissance des risques associés à la tâche et de la manière appropriée d’utiliser les outils et équipements disponibles sont des facteurs qui contribuent à cette hécatombe.

Il est intéressant de noter qu’une recherche faite à partir des questionnaires du dernier recensement canadien démontre que le Québec se classe bon dernier au Canada au chapitre des programmes d’accueil en SST des nouveaux travailleurs, pas seulement des jeunes, mais bien de l’ensemble des nouveaux travailleurs. Si l’on ajoute à cela le travail précaire, sur appel, les tâches répétitives, on rassemble les conditions requises pour qu’un accident se produise et que la victime soit une personne qui exerce un nouvel emploi.La FTQ est convaincue que la présence de comités de santé et sécurité du travail, de représentants et représentantes à la prévention et de programmes de prévention (qui incluent le volet formation) sont des outils qui pourraient réduire de manière importante le nombre de lésions dont sont victimes les personnes, jeunes ou plus âgées, qui accèdent à un nouvel emploi.

Le risque ne provient pas des travailleurs et des travailleuses, c’est le travail qui blesse, mutile et tue.