Facebook : un visage à deux faces

Source : Le Monde ouvrier, numéro 93 / Septembre-octobre 2011

La Commission des lésions professionnelles (CLP) a récemment rendu quelques décisions sur l’admissibilité en preuve du contenu de pages Facebook; il peut parfois être utile pour étayer sa preuve de produire le contenu de pages de réseaux sociaux, tel Facebook. Puisque les informations publiées dans ces pages personnalisées sont publiques, toutes les parties impliquées dans un litige peuvent les consulter librement et parfois y trouver des renseignements qui peuvent étayer leur preuve.

Ainsi, une travailleuse victime de harcèlement de la part de son employeur a récemment mis en preuve une page Facebook qui contenait les commentaires de collègues, ce qui venait renforcer sa preuve. En revanche, un employeur a mis en preuve la page Facebook d’un travailleur qui contenait des images de ce dernier s’adonnant à des sports nautiques au Mexique, alors qu’il était en arrêt de travail à la suite d’une lésion professionnelle. De semblables situations se produisent aussi lors de litiges devant un arbitre de griefs.

Une barrière inexistante
Il est connu que de plus en plus d’employeurs consultent les pages Facebook des postulants avant de procéder à leur embauche. La barrière qui nous assure de la confidentialité entre la vie privée et la vie professionnelle est inexistante sur Internet, d’autant plus lorsqu’il s’agit de l’un des milliers d’amis de l’ami d’un ami.

Les spécialistes des médias sociaux ne cessent de nous répéter de prendre garde lorsqu’on publie des informations sur Internet. Même si l’on prend soin de les retirer après quelque temps, quiconque en a déjà fait une copie peut les conserver et les utiliser à sa guise.

En conclusion, voici un extrait de la décision : « La Commission des lésions professionnelles retient que ce qui se retrouve sur un compte Facebook ne fait pas partie du domaine privé compte tenu de la multitude de personnes qui peuvent avoir accès à ce compte. La liste de ses amis peut être longue et chaque liste de ses amis peut être tout aussi longue. La preuve Facebook déposée par la travailleuse ne constitue donc pas une atteinte à la vie privée de tierces personnes. » (CLP, Landry c. Provigo, 9 mars 2011).