Éliminer ou gérer, voilà la question!

Source : Le Monde ouvrier, numéro 77 / Mai-juin 2008

L’objet de la Loi sur la santé et la sécurité du travail est l’élimination des risques à la source. C’est suite à des pressions constantes de la FTQ que le législateur a privilégié cette approche au moment de l’adoption de la Loi en 1979. Mais voici que près de 30 ans plus tard, certains voudraient nous faire croire que plutôt que d’éliminer les risques, on doit les évaluer et les gérer. On cherche à nous convaincre qu’évaluer un risque à l’aide d’une grille d’analyse, pour ensuite le gérer, est plus efficace que de l’éliminer. On tente, ce faisant, de revenir à la situation qui prévalait avant l’adoption de la Loi, une époque où les accidents du travail survenaient à cause de la négligence des travailleurs et des travailleuses… Lorsqu’on regarde les résultats des exercices de gestion des stocks de morues de l’Atlantique, de la forêt québécoise, de nos services de santé ou encore de nos routes et viaducs, il y a tout lieu de s’inquiéter. Vous respirez des solvants, mais juste un peu; vous risquez une chute de 10 mètres, mais juste un peu; vous pourriez être victime de violence, mais juste un peu. Ne pourrait-on pas agir juste un peu sur de telles situations? Y a-t-il absence de risques suite à une exposition durant 20 ans à juste un peu de solvants? Est-il possible de tomber juste un peu? Est-il possible d’être juste un peu victime d’une agression? La réponse est évidemment non. Pendant que les gestionnaires « gestionnent », les travailleurs et les travailleuses cohabitent avec le risque et vivent avec les conséquences des lésions professionnelles lorsque le système flanche.

À la FTQ, nous sommes convaincus qu’une fois un risque identifié, il est préférable et plus durable de l’éliminer à la source, une bonne fois pour toutes. Voilà la solution!