Se faire tirer le portrait

Qu'on se le dise

Source : Le Monde ouvrier nº 94 / novembre-décembre 2011

L’étude EQCOTESST est un portrait qui, malgré ses rares imperfections, nous donne une image claire et réaliste des conditions présentes dans les milieux de travail des Québécois et des Québécoises. Tout comme les œuvres de grands photographes, elle a été évaluée par des pairs qui ont su en apprécier les qualités et la rigueur. Les organismes et les chercheurs québécois qui y ont contribué sont tous chevronnés et reconnus à travers le monde pour leur crédibilité et leur intégrité dans leur domaine respectif.

Les constats ne surprennent aucunement les personnes sur qui porte l’étude, c’est-à-dire les travailleuses et les travailleurs. Ils connaissent bien les conditions d’emploi décrites, car ce sont celles qu’ils et elles vivent quotidiennement. Ce qui les étonne en revanche, c’est l’effet multiplicateur qu’engendre une exposition simultanée à des contraintes et à des conditions d’emploi négatives (travail de nuit, bruit, cadence, etc.). Deux plus deux ne font plus quatre, mais plutôt cinq, six et même sept. L’équipe de chercheurs propose aussi des pistes d’action afin de réduire concrètement les conséquences des conditions de travail décrites et analysées.

Reste à voir maintenant ce que la CSST et le ministère du Travail feront de ces analyses et propositions. Les regroupements d’employeurs, quant à eux, n’ont guère apprécié le portrait dépeint dans l ’EQCOTESST e t tentent de le dénigrer en discréditant les photographes, l’appareil utilisé et même la pellicule.

Quiconque a fait de la photo sait parfaitement bien qu’un mauvais sujet ne fera jamais une bonne photo, à moins bien sûr de la retoucher à l’aide de logiciels performants. Devant un portrait clair et qui représente fidèlement la réalité des milieux de travail québécois, on constate que d’aucuns n’aiment tout simplement pas se faire tirer le portrait…